La mercatique des sacs plastiques écologiques.

« Vous voulez un p’tit sac à 3 centimes ? » Voilà la question à laquelle j’ai le droit à la caisse de mon Bricorama. Généralement, je viens avec l’un des 22 cabas accumulé au gré des oublis dans la voiture… Mais à chaque fois qu’une caissière hôtesse de caisse me pose cette question, je me dis que l’écologie à bon dos. Comment expliquer que sous prétexte de protéger l’environnement, le sac plastique soit passé de la case « frais généraux » à la case « Business »?

Souvenez-vous :

D’un côté, Julia Roberts collectionnant les sacs des enseignes de haute couture dans Pretty Woman. De l’autre Michel Edouard Leclerc, premier grand distributeur à supprimer les sacs de caisse gratuits au profit de sacs payants et réutilisables (changé gratuitement lorsqu’ils sont usés). Si on en revient à Julia, on s’aperçoit qu’encore aujourd’hui la plupart des grands réseaux offrent des sacs à leurs clients. Certes, c’est pratique. C’est surtout un élément important de leur merchandising, qui véhicule un contenu sur la marque et valorise son possesseur. Dans ce cas, l’enseigne investit dans ses sacs de caisses pour que le client véhicule son image. Zara, Gap, Séphora, Uni-Qlo… point de sacs payants dans ces enseignes de « mode ».

En revanche, du côté de la grande distribution, les sacs sont bien payants. La justification du prix : « si on donne nos sacs, cela n’incitera pas nos clients à réduire leur consommation… » L’argument du portefeuille pour changer les comportements donc… Mais si on regarde le truc avec un certain cynisme, on peut se dire qu’avant, polluer c’était gratuit, et que maintenant, respecter l’environnement, c’est payant. Encore plus cynique : avant les supermarchés subventionnaient la pollution des consommateurs. Maintenant, ils « responsabilisent » leurs clients. En même temps, c’est vrai que par rapport aux sacs de Julia Roberts, les contenus à véhiculer sont pauvres…. L’argument écolo à donc tout d’un déguisement avec une logique d’optimisation des coûts.

Une petite idée pour tous les distributeurs : intégrer le sac de caisse à leur programme de fidélisation. Le sac serait offert et scanné à chaque passage en caisse, pouvant par exemple donner un bonus de points.